Manger local grâce au numérique

Via Terroirs
Circuits courts

La Tribune de Lyon publie cette semaine Le Point de vue de Baudouin NIOGRET, cofondateur de Cultures Chefs : « Manger local grâce au numérique« . Quelques lignes pour prendre conscience des formidables opportunités que la révolution numérique offre à ceux qui souhaitent une alimentation plus locale, plus transparente, plus durable.

« La révolution numérique ! Elle change nos rapports aux autres, modifie la communication, simplifie les échanges, réduit les distances… Elle s’étend maintenant aux secteurs d’activité les plus traditionnels comme l’agriculture, la distribution alimentaire ou la restauration.

 

Au départ, Internet réduit la dimension du monde. Grâce au réseau, on communique avec n’importe qui sur la planète, on consomme des produits et des services du monde entier. Aujourd’hui, un mouvement collaboratif donne un sens nouveau à cette révolution numérique. Internet devient un espace qui facilite les relations de proximité, les échanges locaux, les liens humains. Il permet d’entrer facilement en contact avec ses voisins (Leboncoin ou sharevoisins), de trouver un covoiturage (Blablacar) ou un logement chez l’habitant (Airbnb). On parle d’outils collaboratifs, signe que tout le monde y est gagnant.

 

Ces nouvelles relations entre les acteurs rendues possible par le numérique doivent nous amener à repenser la distribution et la consommation alimentaire. Et si cette transition numérique était au service d’une alimentation plus locale et de plus de transparence dans nos assiettes ?

 

Les technologies sont déjà dans les champs avec des appareils connectés qui aident les agriculteurs. On entend parler d’agriculture de précision, de productivité, de réduction des impacts sur l’environnement… Le numérique doit aider aussi les producteurs fermiers dans leur distribution et leur mise en marché. Il peut donner aux circuits-courts une nouvelle dimension pour sortir de l’informel et démultiplier ses possibilités. Les consommateurs souhaitent renouer avec une alimentation plus locale et accéder plus facilement aux produits de leur région. Ils souhaitent moins d’intermédiaires et savoir comment et par qui les aliments sont produits. C’est tout le sens du « consommer local » : lorsque le producteur vend directement à un consommateur, il s’engage dans une relation de confiance et de transparence.

 

Grâce à Internet, plusieurs initiatives en circuit-court permettent aux consommateurs de trouver plus facilement les producteurs qui vendent directement leurs produits. Pour prendre le train du numérique, des plateformes permettent aux producteurs de mettre leurs produits en ligne. Comme un marché nouvelle génération, ils actualisent leur boutique selon la saison, leur récolte ou la disponibilité des produits. Ensuite, tout est géré par la plateforme, de la prise de commande au paiement. Fini l’administratif entre le producteur et son client. La relation est centrée sur les rapports humains qu’ils entretiennent et sur la qualité des produits.

 

Les plateformes numériques permettent de redécouvrir la proximité. Les professionnels de l’alimentation y sont aussi présents à commencer par les chefs de restaurants : si des solutions dédiées facilitent un approvisionnement local et direct avec les producteurs, ils pourront apporter à leurs clients la transparence qu’ils recherchent et que les circuits d’approvisionnement classiques n’offrent pas. A Lyon, berceau d’innovations dans les circuits-courts depuis plus de 20 ans, le mouvement se poursuit. Cultures Chefs notamment via sa plateforme fait travailler ensemble les restaurants et les producteurs locaux, et les consommateurs s’en réjouissent.

 

Grâce au numérique,la distribution locale et directe est simplifiée : producteurs et consommateurs se retrouvent plus facilement. Alors oui, cette révolution numérique est au service d’une alimentation plus locale et plus transparente. Elle offre à chacun de reprendre le pouvoir de décider de ce qu’il mange ! »

 

TRIBUNE DE LYON N° 575 _ DU 15 AU 21 DÉCEMBRE 2016